Le lac Titicaca est une mer d’altitude. Il faut sortir de la baie de Puno, et se rendre sur les iles pour en apprécier la grandeur.
 
Le rendez-vous est à 8h au terminal lacustre, et le départ se fait rapidement.
 

  La première étape, ce sont les iles Uros, iles artificielles flottant sur plusieurs mètres de totoras empilées. La visite est payante et on préfère rester dans le bateau à complèter nos carnets de voyage.
Le bateau s’engage ensuite à travers les roseaux vers le fond de la baie de Puno qui débouche sur le lac. Il faut à peu près 3 heures pour rejoindre la première ile, Amantani, où l’on va passer la nuit.
 
Dès l’arrivée, les visiteurs sont répartis entre les différentes familles qui vont fournir les repas et la chambre pour la nuit. Nous sommes chez Bernardina, qui nous conduit jusque chez elle en passant par les rives de galets du lac.
La maison est simple, à l’étage, il y a 2 chambres pour les touristes, et l’on mange le midi dans la petite cour intérieure.
 
Dans l’après-midi, les voyageurs du matin se retrouvent naturellement pour la montée jusqu’à la pachatata.
L’ile possède, au sommet de 2 collines qui se font face, 2 temples dédiés l’un à la terre-mère (pachamama) et l’autre à la terre-père (pachatata). L’investissement dans le tourisme est bien visible et les chemins qui mènent à ces lieux sont maintenant bien marqués, empierrés et bien entretenus. Un petit musée a même été installé près de la pachatata.
Il y a 20 ans nous étions sur cette ile au moment d’une fête qui réunit les différentes communautés sur l’espace entre les 2 temples, et l’on s’y préoccupait beaucoup moins des touristes !
 
Néanmoins, les insulaires sont très au point sur le spectacle car la rude montée jusqu’au temple se conclut sans temps mort avec le coucher du soleil sur le lac titicaca !

Après une soirée vite expédiée et une nuit de mal de tête, il est temps de rejoindre le port pour continuer le tour jusqu’à Taquile, et le retour vers Puno. On se sépare de nos hôtes, en échangeant regalitos (crayons, bougies, briquets, que l’on avait achetés au marché de Puno, mais il y en a aussi à foison à l’embarcadère de Puno !), et en faisant quelques photos de groupe.
 
L’ile, à la forme caractéristique, s’éloigne. Ce passage fugitif et superficiel ne détronera certainement pas les images de fête, de couleurs et de musiques, que l’on gardait de notre première visite. Sans doute que même aujourd’hui, il aurait suffit de rester quelques jours, peut être une semaine, pour briser cette surface de visite guidée et apprivoiser le quotidien et les contacts qui ont du retrouver leur place dès notre départ !

Le trajet de retour fait étape à Taquile, qui fait face à Amantani. On aborde du coté facile (de l’autre il y a 500 marches à gravir !). La journée est ensoleillée et la montée vers le village est douce et agréable. A Taquile, ce sont les hommes qui tricotent. Et l’artisanat y est plus recherché, plus original, en tout cas que celui d’Amantani !
Un peu au-dessus de la place du village (sans doute la plaza de armas !), on rencontre julio, qui nettoie les chemins avec son balai fait de branches de munya. Il est employé par la municipalité et ne dédaigne pas poser pour une photo.
 

 
Le retour à Puno se fait dans un état quasi comateux ! Ce doit être le soleil, le vent et l’agitation du lac, qui nous suspendent là, à 4000 mètres, l’esprit vide, dans la contemplation de l’eau qui file le long de l’étrave ...
 
On aurait du encore plus profiter de cet état hors du temps, parcequ’à Puno les choses se gatent :
Paro (grève) de 48 heures !
Pas de transport et les boutiques qui ont baissés leur rideau de fer !
 
Ces 2 jours voient de nombreux défilés dans les rues de Puno, des professeurs, des commerçants, des paysans, qui tous remettent en cause le gouvernement d’Alan Garcia, récemment élu, et ses promesses non tenues.
L’élection d’Alan Garcia en 2006 nous avait parue étonnante car nous étions au Pérou en 1985 lorsque le même personnage avait déjà été élu une première fois président de la république. L’échec dramatique de sa politique économique, et le climat de violence qui règnait dans le pays l’avaientt chassé du pouvoir en 1990 et finalement, 20 ans après on le retrouvait de nouveau à la même place !
Ces dernières élections, ont montrées les différences entre les populations de la côte qui ont voté principalement pour Garcia et celles de la montagne dont le choix s’était plutôt porté sur Ollanta Humala. Il semble également qu’ont ait joué sur les peurs que pouvaient susciter un candidat indianiste et nationaliste.
 
Mais en tout cas, maintenant, il y a du monde à être mécontent d’Alan Garcia !
 


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